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Journal de bord d’un spectacle en construction :

Jaco, un enfant d’aujourd’hui (titre provisoire)


Septembre 2018 – Le projet de spectacle s’écrit à partir d’une situation réelle

Jaco est un enfant philippin sans père, séparé d’une mère qui, pour maintenir l’économie familiale et financer les travaux de la maison, travaille au-delà de l’horizon, à l’étranger, d’où elle revient une fois l’an pour embrasser son fils et voir comme il a bien grandi.
Dans la petite maison de 25 m², en banlieue de Manille, Jaco est élevé par ses oncles et tantes. Il partage ses jeux avec ses cousins et cousines. Il fait chaud sous les toits de tôle et il n’y a pas un lit par personne. Mais on aime être ensemble. À plusieurs on est plus fort pour affronter les éléments naturels ou surnaturels.
Le grand-père de Jaco, bien que résidant à 12 heures de bus, vient régulièrement passer plusieurs mois avec ses enfants et petits enfants.
Jaco aime quand son grand père est là.
À l’inverse, à l’occasion d’un événement - naissance, mort, mariage- la famille se rend sur les terres ancestrales, le temps d’un rituel, d’un bain ou d’une lessive dans la rivière purificatrice.
Quand arrive le moment de dormir, l’écran du smartphone s’allume et la maman apparaît. Jaco attend cette visite quotidienne. Quand l’icône « mère courage » s’éteint, la photo de la mère est là qui triomphe sur le mur et résiste à l’usure.

Propos

C’est une histoire d’aujourd’hui, située dans un ailleurs, à l’exotisme brut, sous un climat étouffant de chaleur et d’humidité. Elle questionne les limites symboliques et factuelles de la famille, la façon dont la dureté des rapports sociaux génère des recompositions inventives. Ces dernières préservent le lien sacré de la sécurité affective, pour qu’un avenir continue de s’inventer avec chaleur, rire et poésie.

Recomposition familiale et usage du numérique sont les deux vecteurs d’identification que nous choisissons pour rendre sensible cette situation lointaine à un public occidental.

Partir, revenir... étendre les liens à l’extrême sans rompre la magie de l’amour, ainsi est faite la vie, fragile édifice que mille attentions invisibles préservent de la chute et de la dissolution.

Dispositif scénique

La maison est l’élément principal de la scénographie, un espace qui évolue dans le temps.
Elle figure également le lien réel et symbolique avec la mère. Elle est d’abord rassurante parce qu’elle protège mais aussi source d’inquiétude quand elle est cause de l’éloignement de la mère.

L’objet smartphone utilisé comme dispositif théâtral, élément scénographique à l’échelle d’un mur, permet d’introduire la vidéo dans le spectacle. C’est l’interface qui rend possible le contact à distance avec la mère. Utilisé en direct comme caméra dont les images se projettent sur les murs de la maison, le smartphone devient alors la loupe grossissante des actions et des pensées de Jaco.